Dimanche des saints Pères du premier Concile œcuménique

Home  >>  Non classé  >>  Dimanche des saints Pères du premier Concile œcuménique

Dimanche des saints Pères du premier Concile œcuménique

8 Июнь, 2019 Non classé

Dimanche des saints Pères du premier Concile œcuménique

Dimanche 9 juin 2019.

(27 mai dans l’ancien calendrier.)

Dimanche après l’Ascension, 7e dimanche après Pâques.

 

Synaxaire de ce dimanche

Ce septième dimanche de Pâques, nous célébrons le premier Concile œcuménique de Nicée, où se réunirent trois cent dix-huit Pères théophores. Les saints hiérarques y ont proclamé que le Fils de Dieu est non pas créé mais «engendré» de toute éternité, consubstantiel et égal au Père, réfutant ainsi l’hérésie d’Arius. (Arius, en effet, soutenait l’hérésie selon laquelle le Fils avait été créé par le Père.)

Cette fête fut instituée dans l’année liturgique après l’Ascension de Notre Seigneur, pour célébrer cette assemblée des Pères qui avaient proclamé le Dieu véritable qui s’est fait homme et qui, en tant qu’homme parfait et Dieu parfait s’est élevé au ciel. Ce Concile eut lieu sous Constantin le Grand en 325, après qu’il eût mis fin aux persécutions, certains évêques portant encore les traces des persécutions dans leurs corps.

Péricopes de ce dimanche

Lecture des Actes des Apôtres (20, 16-18, 28-36)

Frères, en ces jours-là, Paul avait décidé de passer au large d’Éphèse, afin de ne pas devoir s’attarder en Asie ; car il se hâtait, pour être, si possible, le jour de la Pentecôte à Jérusalem. Ayant donc envoyé un message de Milet à Éphèse, il convoqua les anciens de cette Église. Et quand ils furent auprès de lui, il leur dit : « Veillez sur vous-mêmes et sur tout le troupeau au milieu duquel l’Esprit saint vous établis comme évêques, afin de paître l’Église du Seigneur notre Dieu, qu’Il s’est acquise au prix de son sang. Car je sais bien qu’après mon départ il s’introduira parmi vous des loups redoutables, qui ne ménageront pas le troupeau, et que du milieu de vous se lèveront des hommes à la doctrine pernicieuse, qui chercheront à entraîner des disciples à leur suite. Soyez donc vigilants, vous souvenant que pendant trois ans je n’ai cessé, nuit et jour, d’exhorter avec larmes chacun d’entre vous. Et maintenant, frères, je vous confie à Dieu et à son message de grâce, qui a le pouvoir d’édifier et de vous procurer l’héritage parmi tous les sanctifiés. Argent, or ou vêtement, je n’ai rien attendu de personne. Vous le savez bien vous-mêmes : ce sont mes propres mains qui ont pourvu à mes besoins et à ceux de mes compagnons. Je vous ai montré constamment que c’est la façon dont il faut travailler pour secourir les faibles, en nous rappelant les paroles du Seigneur Jésus, qui a dit Lui-même : Il y a plus de bonheur à donner qu’à recevoir ! » Et, après avoir ainsi parlé, Paul se mit à genoux, et avec eux tous, il pria.

Ибо Павлу рассудилось миновать Ефес, чтобы не замедлить ему в Асии; потому что он поспешал, если можно, в день Пятидесятницы быть в Иерусалиме. Из Милита же послав в Ефес, он призвал пресвитеров церкви, и, когда они пришли к нему, он сказал им: вы знаете, как я с первого дня, в который пришел в Асию, все время был с вами. Итак внимайте себе и всему стаду, в котором Дух Святый поставил вас блюстителями, пасти Церковь Господа и Бога, которую Он приобрел Себе Кровию Своею. Ибо я знаю, что, по отшествии моем, войдут к вам лютые волки, не щадящие стада; и из вас самих восстанут люди, которые будут говорить превратно, дабы увлечь учеников за собою. Посему бодрствуйте, памятуя, что я три года день и ночь непрестанно со слезами учил каждого из вас. И ныне предаю вас, братия, Богу и слову благодати Его, могущему назидать вас более и дать вам наследие со всеми освященными. Ни серебра, ни золота, ни одежды я ни от кого не пожелал: 34сами знаете, что нуждам моим и нуждам бывших при мне послужили руки мои сии. Во всем показал я вам, что, так трудясь, надобно поддерживать слабых и памятовать слова Господа Иисуса, ибо Он Сам сказал: «блаженнее давать, нежели принимать». Сказав это, он преклонил колени свои и со всеми ими помолился.

Lecture de l’Évangile selon saint Jean (17, 1-13)

Еn ce temps-là, Jésus, après avoir dit à ses disciples « Courage, J’ai vaincu le monde ! », leva les yeux au ciel, et dit : « Père, l’Heure est arrivée ; glorifie ton Fils, afin que ton Fils te glorifie, et que, selon le pouvoir que Tu lui as accordé sur toute chair, Il donne la vie éternelle à tous ceux que Tu lui as confiés. Ceci est la vie éternelle : qu’ils te connaissent, Toi le seul véritable Dieu et celui que Tu as envoyé en ce monde, Jésus-Christ. Moi, Je t’ai glorifié sur la terre en accomplissant l’œuvre que Tu m’as donnée à faire. Et maintenant, glorifie-moi, Toi, Père, auprès de toi, de la gloire qu’avant que le monde ne fût, J’ai auprès de toi. J’ai manifesté ton Nom aux hommes que, du monde, Tu m’as donnés ; ils étaient à toi et Tu me les as donnés, et ils ont gardé ta parole. Ils savent maintenant que tout ce que Tu m’as donné vient de toi, car Je leur ai donné les paroles que Tu m’as données et ils les ont reçues, et ils ont connu en vérité que Je suis issu de toi et ils ont cru que c’est Toi qui m’as envoyé. Moi, Je prie pour eux ; Je ne prie pas pour le monde, mais pour ceux que Tu m’as donnés, parce qu’ils sont à toi. Et tout ce qui est à moi est à toi, et tout ce qui est à toi est à moi, et Je suis glorifié en eux. Je ne suis plus dans le monde, et eux sont dans le monde ; et Moi Je viens à toi. Père saint, garde-les en ton Nom, eux que Tu m’as donnés, pour qu’ils soient un comme Nous. Lorsque J’étais avec eux dans le monde, Je les gardais, Moi, en ton Nom, eux que Tu m’as donnés, et Je les ai protégés et aucun d’eux ne s’est perdu, si ce n’est le fils de perdition, afin que s’accomplît l’Écriture. Mais, maintenant, Je vais vers toi et Je dis cela dans le monde pour qu’ils aient en plénitude la joie qui est la mienne ! »

После сих слов Иисус возвел очи Свои на небо и сказал: Отче! пришел час, прославь Сына Твоего, да и Сын Твой прославит Тебя, так как Ты дал Ему власть над всякою плотью, да всему, что Ты дал Ему, даст Он жизнь вечную. Сия же есть жизнь вечная, да знают Тебя, единого истинного Бога, и посланного Тобою Иисуса Христа. Я прославил Тебя на земле, совершил дело, которое Ты поручил Мне исполнить. И ныне прославь Меня Ты, Отче, у Тебя Самого славою, которую Я имел у Тебя прежде бытия мира. Я открыл имя Твое человекам, которых Ты дал Мне от мира; они были Твои, и Ты дал их Мне, и они сохранили слово Твое. Ныне уразумели они, что все, что Ты дал Мне, от Тебя есть, 8ибо слова, которые Ты дал Мне, Я передал им, и они приняли, и уразумели истинно, что Я исшел от Тебя, и уверовали, что Ты послал Меня. Я о них молю: не о всем мире молю, но о тех, которых Ты дал Мне, потому что они Твои. И все Мое Твое, и Твое Мое; и Я прославился в них. Я уже не в мире, но они в мире, а Я к Тебе иду. Отче Святый! соблюди их во имя Твое, тех, которых Ты Мне дал, чтобы они были едино, как и Мы. Когда Я был с ними в мире, Я соблюдал их во имя Твое; тех, которых Ты дал Мне, Я сохранил, и никто из них не погиб, кроме сына погибели, да сбудется Писание. Ныне же к Тебе иду, и сие говорю в мире, чтобы они имели в себе радость Мою совершенную.

 

Paroles des Pères

Avant d’avoir été visité par Dieu, quand je lisais les Évangiles ou les épîtres des Apôtres, je n’arrivais pas vraiment à comprendre quelle réalité ontologique se cache derrière ces paroles. C’est la vie même qui m’a montré qu’en dehors d’une expérience réelle de Dieu ou d’une rencontre avec les puissances spirituelles « cosmiques » (cf. Eph.6,12) un savoir purement intellectuel ne conduit pas vers ce qui est le sens même de notre foi : la connaissance vécue de l’Être premier, c’est-à-dire Dieu, — « connaissance » comprise comme entrée dans l’acte même de Son Éternité. « La vie éternelle, c’est qu’ils Te connaissent, Toi, le seul vrai Dieu » (Jn.17,3). Aux heures où l’Amour divin me touchait, en lui je « reconnaissais » Dieu : « Dieu est amour ; et celui qui demeure dans l’amour demeure en Dieu, et Dieu en lui » (1.Jn.4,16). Après avoir été visité d’En-haut, je lisais l’Évangile avec une compréhension différente de celle que j’avais auparavant : j’éprouvais une joie profonde et une vive gratitude en y trouvant une confirmation de ma propre expérience.

— Archimandrite Sophrony, Voir Dieu tel qu’Il est, p.10-11

 

Saints célébrés ce dimanche

Saint Théraponte, évêque de Sardes, martyr (IIIème s.) ; sainte martyre Théodora, vierge et saint martyr Didyme le soldat, d’Alexandrie (304) ; saint Eutrope, évêque d’Orange (Vème s.) ; saint Hildevert, evêque de Meaux (680) ; saint Basile, petit-fils du roi Bagrat (Géorgie, XIème s.) ; saint Théraponte du Lac Blanc (1426) ; Saint Théraponte de Monza (1597) ; saint Jean le Russe, confesseur en Cappadoce (1730).

Ce dimanche 27 mai, selon l’ancien calendrier, nous faisons mémoire de notre saint Père Jean le Russe. Notre saint Père Jean naquit dans un village de Petite Russie (Ukraine), en 1690, et grandit dans la piété et l’amour des saintes vertus. Parvenu à l’âge adulte au temps de la guerre russo-turque (1710), il fut enrôlé dans l’armée du tsar. Ayant participé à la désastreuse campagne de Put, il fut capturé par les Tatares et vendu comme esclave à un Turc, officier de cavalerie, qui l’emmena dans sa patrie, Prokopion, en Cappadoce. Contrairement à beaucoup de ses compagnons de captivité, qui abjuraient le christianisme, saint Jean résistait aux propositions et aux coups de son maître, en disant qu’aucun tourment ne pourrait le séparer de l’amour du Christ. Il ajoutait : « Tu es maître de mon corps, mais pas de mon âme. Si tu me laisses libre d’accomplir mes devoirs religieux, c’est avec promptitude que j’obéirai à tes ordres. C’est avec plaisir que je reposerai dans ce coin de ton écurie, en pensant au Christ qui a considéré la crèche de Bethléem comme un lit royal. Je supporterai sans murmure tes coups de bâton, comme le Seigneur endura les coups des soldats. Je suis prêt à endurer les plus grands et plus effroyables tourments, si tu veux m’y soumettre, mais je ne renierai jamais le Christ. » Ces paroles pleines de ferveur chrétienne, ainsi que sa conduite chaste et humble, changèrent le cœur et les sentiments de l’officier turc à son égard. Il cessa de le tyranniser et ne l’obligea pas à renier sa foi. Commis au soin des chevaux, Jean habitait un coin sombre de l’écurie, et lorsque son maître sortait dans la bourgade, à cheval, il devait le suivre à pied, comme un esclave. Le bienheureux acceptait cependant avec reconnaissance cette condition avilissante et glorifiait Dieu de l’avoir ainsi délivré de l’apostasie. Sans chaussures, été comme hiver, vêtu de guenilles, et prenant un peu de repos sur la paille ou le fumier, comme le Juste Job, Jean n’en continuait pas moins ses exercices de piété, et il passait des nuits entières, en prière, à genoux sur le parvis de l’église voisine dédiée à saint Georges. Il acceptait sans murmure les insultes et les moqueries des autres esclaves, et se mettait volontiers à leur service.

Ces sacrifices et combats vertueux ne restèrent pas sans effets bénéfiques pour son maître, qui devint le plus riche et le plus respecté des habitants de la ville. Ayant décidé d’entreprendre le pèlerinage à La Mecque, prescrit à tout pieux musulman, ce dernier parvint à la ville sacrée après un long et pénible voyage. Quelques semaines après son départ, sa femme invita parents et amis à un grand dîner, afin que les convives expriment leurs vœux pour l’heureux retour de son époux. Comme Jean entrait dans la salle pour y servir un plantureux riz pilaf, la maîtresse de maison s’exclama : « Comme son maître se serait réjoui, s’il avait été ici pour manger avec nous ce met dont il est si friand ! » Jean, s’étant recueilli quelques instants en une prière silencieuse, demanda à sa maîtresse de lui donner un plat garni de ce pilaf, pour l’envoyer à son maître à La Mecque. Comme tous les convives se gaussaient, la maîtresse de maison lui donna un plat de riz en souriant. Jean se retira alors dans l’écurie et éleva la prière suivante vers Dieu : « Que Celui qui, autrefois, envoya le prophète Habacuc à Babylone pour apporter de la nourriture au prophète Daniel, dans la fosse aux lions (Dn 14, 33sv.], exauce aussi ma prière et fasse parvenir ce plat à mon maître ! » Puis il retourna dans la salle du banquet et annonça que le plat était arrivé à destination. Tout le monde éclata alors de rire, en l’accusant de s’en être gavé en secret. Cependant, quand le maître rentra de voyage, rapportant avec lui ce plat vide orné de ses initiales, et raconta qu’il l’avait trouvé, garni d’un délicieux pilaf, un soir en rentrant dans sa tente, tous les habitants de la maison furent saisis de stupéfaction, et, invoquant Allah, ils commencèrent à témoigner honneur et grand respect à l’esclave chrétien. On lui proposa de lui rendre la liberté et de lui donner une chambre plus digne, mais saint Jean refusa, disant qu’il préférait rester dans le coin sombre de l’écurie, où il pourrait mieux glorifier Dieu. C’est ainsi qu’il vécut pieusement, pendant plusieurs années. Lorsqu’il tomba malade, il demanda qu’un prêtre lui apportât la sainte Communion. Mais le prêtre, craignant de transporter ouvertement la sainte Communion dans la maison d’un musulman, la cacha dans une pomme qu’il offrit au saint. C’est ainsi que saint Jean reçut le viatique de la vie éternelle, et il s’endormit en paix, pour obtenir la glorieuse liberté des enfants de Dieu, le 27 mai 1730.

Trois ans plus tard, un vieux prêtre et d’autres chrétiens virent plusieurs fois dans la nuit une colonne de feu qui descendait du ciel sur le tombeau du saint. Ils ouvrirent la tombe, et trouvèrent son corps intact, exhalant une odeur suave. Ils le transportèrent alors avec grande allégresse dans l’église de Saint-Georges, et le déposèrent dans une châsse, sous l’autel. Dès lors les précieuses reliques accomplirent d’innombrables miracles pour les chrétiens de Cappadoce, et même pour des musulmans. Lors du pillage du village par les troupes d’Osman Pacha, en 1832, les reliques furent jetées au feu par les soldats turcs. Mais elles restèrent inaltérables, et le saint apparut au milieu des flammes, menaçant les soldats impies. Les Turcs effrayés abandonnèrent tout leur butin et s’enfuirent du village. Une autre fois, le saint apparut pour retenir de ses deux mains le toit de l’école grecque qui s’écroulait, et il sauva ainsi les vingt enfants qui se trouvaient à l’intérieur.

Lors de l’expulsion des Grecs d’Asie Mineure (1922), les chrétiens de Prokopion transportèrent avec eux en Grèce, au village de Nouveau-Prokopion, dans l’île d’Eubée, ces saintes reliques, comme leur plus grand trésor. Saint Jean y est depuis vénéré comme une source inépuisable de guérisons et de bénédictions, pour tous ceux qui l’approche avec foi.

(Extrait du Synaxaire du hiéromoine Macaire de Simonos Petras.)

Texte préparé par Olivier Goulais

TELECHARGER ICI

Comments are closed.