Entre les fêtes de Pâques et Pentecôte, nous avons une période de 50 jours de joie, lors desquels nous célébrons la présence du Christ ressuscité, dans l’attente de la descente de l’Esprit Saint qui sera célébrée le jour de la Pentecôte. Après le jour même de Pâques, puis le dimanche de Thomas où le Christ est apparu de nouveau pour convaincre les Apôtres, et nous aussi, de la réalité de la Résurrection, nous avons célébré plus spécialement dimanche dernier la mémoire des Porteuses de parfums, premières annonciatrices de la Bonne Nouvelle de la Résurrection. Cette période pascale est aussi un moment où l’Église en sa liturgie nous propose une lecture continue de l’Évangile de Saint Jean, dont certains passages sont choisis spécialement pour les dimanches.
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Homélie de Père André pour le Samedi de Lazare
Lectures : Hb XII,28-XIII,8 et Jn XI,1-45
En sa Toute-Puissance, puisqu’Il est Dieu, le Sauveur sait dès le départ ce qu’Il va accomplir. Déjà Il annonce à ses disciples qu’Il va réveiller Lazare. On sait que les disciples ne comprennent pas d’abord cette parole et l’Évangéliste Jean prend le soin de distinguer un sommeil annonçant une guérison corporelle du « sommeil de la mort », réputé sans retour puisque le Christ n’est pas encore ressuscité.
Sans relever ici d’autres détails de ce récit mouvementé, qui montrent aussi que comme Dieu, le Christ sait tout d’avance et est tout puissant même sur la mort, on voit que Jésus arrive au tombeau de Lazare, et là Il pleure. Ces larmes du Sauveur viennent certes du fait qu’en son humanité, Il a perdu un ami, car l’Évangile précise que Jésus aimait Lazare et ses sœurs. Mais ces larmes du Sauveur expriment en outre son amour infini non seulement pour Lazare, mais pour tout être humain sans exception. Le Christ pleure notre éloignement de Lui du fait de notre péché, éloignement qu’en S’incarnant Il est venu abolir. Par ces larmes, le Sauveur assume une fois pour toutes nos peines passées, présentes et futures, en particulier nos tristesses provenant de la séparation et de la mort. Ces larmes ne sont pas une faiblesse ni ne contredisent la Toute Puissance du Sauveur, mais celle-si se manifeste quand finalement, comme Dieu, le Christ déclare : « Otez la pierre », puis « Lazare, sors ! ».
Homélie pour le 5e Dimanche du Grand Carême et mémoire de Sainte Marie l’Égyptienne
Homélie pour le 5e Dimanche du Grand Carême et mémoire de Sainte Marie l’Égyptienne
Ce cinquième dimanche du Carême est le dernier avant l’Entrée du Seigneur à Jérusalem, le Dimanche des Rameaux. La lecture de l’Évangile proposée pour ce jour commence par l’annonce que fait le Sauveur aux Douze Apôtres, de ce qu’Il va souffrir et mourir sous la condamnation des grands prêtres et des scribes. Cette annonce est la troisième et dernière dans les Évangiles, elle est très solennelle car le Christ prend les Douze à part pour les préparer à cette épreuve (10,32).
Message de Père André pour le dimanche de St Jean Climaque
Samedi 10 et dimanche 11 avril, pas de célébration à Saint-Nicolas, mais à Saint-Saturnin; samedi à 16h: Onction des malades; dimanche vers 10h: Divine Liturgie.
Lectures : http://toulouse-orthodoxe.com/dimanche-11-avril-2021-de-st-jean-climaque-4e-dimanche-de-careme/
Homélie pour le 4e dimanche de Carême et mémoire de S. Jean Climaque ; 11 avril 2021
« Génération incrédule » (9,19), voilà ce que dit le Christ au père de l’enfant et à son entourage, alors que ce père est venu supplier la guérison de son fils possédé. Mais avant de le guérir, le Christ interroge son père, qui supplie d’autant plus. Par ce dialogue, le Sauveur éprouve la foi du demandeur, et à travers lui notre foi à tous. Plus précisément, Dieu nous amène ainsi à déclarer notre manque de foi.
Quiconque en effet déclare sa foi déficiente ou insuffisante obtient les bienfaits demandés en vue du salut, car nous entendons de ce père désemparé un cri suppliant, qui doit devenir le nôtre : « Viens en aide à mon manque de foi » (9,24) ou à mon incrédulité. La porte d’entrée de la miséricorde divine dans notre cœur, c’est présisément notre aveu d’impuissance, notre déclaration d’insuffisance de notre foi. Le Christ est pour nous le Modèle de foi par excellence, puisqu’Il a obéi à son Père jusqu’à accepter la mort sur la Croix, pour ressusciter et sauver l’homme. Mais pour nous, il ne s’agit pas d’une simple imitation de la foi du Christ. Chaque fois que nous déclarons notre manque de foi, le Christ vient l’augmenter, comme Il l’a fait en guérissant ce possédé d’un esprit impur. Notre foi, même très faible, est une véritable participation à la vie du Christ, donc bien plus qu’une imitation depuis l’extétieur.
L’Incarnation du Christ est survenue après de nombreuses annonces et préparations au cours de l’histoire du peuple d’Israël, et notamment par l’envoi des prophètes comme autant d’ambassadeurs ayant prédit la venue du Christ. Par son Incarnation, le Christ est venu partager notre condition humaine, nos faiblesses et aussi notre manque de foi, pour l’augmenter de l’intérieur.
Nous pouvons augmenter notre foi avant tout par notre prière suppliante, c’est-à-dire en demandant précisément, comme l’a fait le père de ce possédé guéri, une aide de Dieu à notre manque de foi. Comme le recommande le Sauveur, cette prière s’accompagne du jeûne (9,29). Prière et jeûne sont les supports de tout notre cheminement vers Dieu en ce temps de Carême, et en ce 4e dimanche, la mémoire particulière de Saint Jean Climaque en souligne l’importance.
Ce grand maître spirituel a vécu au Mont Sinaï au 7e siècle et a été inspiré pour composer l’Échelle Sainte, un écrit qui détaille les étapes conduisant peu à peu le chrétien à faire fructifier les dons de l’Esprit Saint qui ont été déposés une fois pour toutes dans le cœur de chaque personne baptisée. La lecture de cette Échelle, ne serait-ce que quelques passages, est recommandée durant le Grand Carême non seulement aux moines, mais à toute personne baptisée, car cet écrit indique avec beaucoup de pédagogie les diverses étapes à franchir pour se libérer du péché qui nous empêche de progresser. Toutes ces étapes doivent être accompagnées de la recommandation du Sauveur Lui-même dans la leçon évangélique de ce jour : la prière et le jeûne. Même en nous considérant comme situés au bas de l’échelle, rien ne peut nous empêcher de supplier le Seigneur d’augmenter notre foi et de nous faire arriver peu à peu vers Dieu, selon les étapes que Dieu connaît, et qui sont signalés par les divers degrés. Ce découpage en degrés a aussi pour but de nous apprendre à ne pas nous précipiter prématurément vers des degrés trop élevés.
Saint Jean déclare la foi salvatrive : sachons donc supplier avec foi, de la manière dont l’a fait le père du possédé dont est racontée la guérison en ce Dimanche. Ansi s’ouvrira pour chacun de nous le chemin vers la manifestation de la grâce baptismale déposée en nous, et qui tôt ou tard produira ses fruits pour la gloire de Dieu.
Message de Père André pour le 3e dimanche de Carême – de la Sainte Croix
Pour éviter tout risque de contagion, le prêtre étant contraint de s’isoler 10 jours, il n’y aura pas de célébration des Vêpres, ni de la Liturgie, à Saint-Nicolas les samedis-dimanches 3-4 et 10-11 avril 2021; merci de votre compréhension.
La suite du programme liturgique sera communiquée dès que possible.
L’église sera ouverte samedi 3 avril à 18h et dimanche 4 à partir de 10h. ».
Lectures du jour : http://toulouse-orthodoxe.com/dimanche-4-avril-2021-de-la-sainte-croix-3e-dimanche-de-careme-pas-de-celebration/
Message pour le 2e Dimanche de Carême, 28/3/2021
Rappel: pas de célébration organisée samedi prochain 27 mars, et pas de Liturgie dimanche 28 mars, merci de votre compréhension.
Message pour le 2e Dimanche de Carême, 28/3/2021
En ce deuxième dimanche de Carême, la liturgie de l’Église nous propose le récit d’une guérison par notre Sauveur d’un paralyique descendu dans une maison depuis la toiture par des porteurs, dont le récit souligne la foi (Mc 2,5). Le Christ commence par déclarer à ce paralytique que ses péchés lui sont remis : c’est un acte inouï, car seul Dieu peut accomplir cela, et parmi les témoins de l’événement, beaucoup pensaient encore que Jésus est un simple homme parmi d’autres ; ils ignoraient le pouvoir illimité de sa divinité. D’après des commentaires évangéliques de S. Jean Chrysostome (Homélies sur Mt, n° 19 et 29), puisque le péché est une offense à Dieu, seul Celui qui a été offensé peut annuler ou remettre l’offense. C’est dire aussi l’importance du commandement du Christ, déjà entendu voici quelques semaines, nous demandant de pardonner à autrui si nous voulons que Dieu nous pardonne (Mt 6,14-15, lecture du Dimanche de l’expulsion d’Adam).
Message pour la fête de l’Annonciation
Message pour la fête de l’Annonciation
Cette fête est le commencement (littéralement : la tête) de notre salut.
Dieu a voulu sauver l’être humain et a choisi d’opérer ce salut par un moyen radical et inouï, inconcevable : Se faire homme. Mais Dieu a voulu S’incarner sans contraindre l’homme, pour respecter notre liberté et peu à peu nous convaincre d’accepter le salut et nous laisser découvrir à quel point Dieu nous aime.
Dieu a attendu patiemment, durant des millénaires, tout en préparant activement son dessein, qu’une personne humaine se rende humblement disponible pour accepter l’Incarnation et procurer à Dieu la nature humaine en voulant bien accueillir Dieu en son propre sein. Cette personne humaine a été la Vierge Marie, la Toute Sainte, ainsi devenue Mère de Dieu.
L’Évangile de Saint Luc, dans l’épisode choisi comme lecture pour la fête de l’Annonciation, rapporte donc l’envoi de l’Archange Gabriel et ses paroles à Marie : « Réjouis-toi… », puis « Ne crains pas… » (1,28 et 30). Cette visite surprend d’abord beaucoup la future Mère de Dieu, méfiante après la tentation des premiers parents (Gen 3,5), mais ensuite elle accepte en toute confiance, en se déclarant « Servante du Seigneur » (1,38), cette mission qui pourtant la dépasse : celle de recevoir en son sein le Verbe de Dieu, la Seconde Personne de la Sainte Trinité.
Avec l’intercession de la Mère de Dieu, c’est toute l’humanité qui est invitée par Dieu Lui-même à accepter le salut. Dans la vie de l’Église, en ce temps de Carême, et dans tous les aspects de notre vie communautaire, familiale ou personnelle, c’est-à-dire dans le secret de la relation de chacun de nous avec notre Dieu, nous sommes ainsi invités à accepter le salut que Dieu réalise en nous au jour le jour, par des moyens sans cesse renouvelés, inédits, et qui souvent, comme ce fut d’abord le cas pour la Toute Sainte, nous dépassent, voire nous déroutent.
Cet épisode de l’Annonciation est une étape décisive du salut de l’humanité, inauguré par l’événement sans aucun équivalent qu’est l’Incarnation de Dieu. Si comme la Mère de Dieu nous sommes d’abord surpris ou stupéfaits par une intervention de Dieu dans notre vie, notre humble acceptation de ce qui nous incombe, et que nous ne comprenons pas, nous permettra que les circonstances de notre vie puissent être toujours plus utilisées par Dieu pour les transformer en autant d’instruments de progression vers notre propre salut. Ce salut est en marche pour l’humanité depuis maintenant plus de 2000 ans, car nous savons que la venue du Sauveur s’est produite dans un moment déterminé de l’histoire, moment choisi par Dieu comme favorable. Depuis lors, nous sommes appelés et invités à devenir, dès notre vie sur cette terre, des citoyens du Royaume de Dieu, inauguré par le Christ et qui un jour se manifestera de manière plus éclatante, car ce Royaume est ouvert par Dieu à tous les hommes qui souhaitent y entrer: à nous d’accepter de participer dès ici-bas à cette progression vers notre salut.
Message de Père André à l’occasion du samedi des défunts
Petit message à l’occasion de la commémoration des défunts
Chaque samedi, la liturgie de l’Église prévoit une commémoration particulière de tous les défunts, à la veille du dimanche, jour de la Résurrection. Chaque fois qu’une fête importante ne tombe pas un samedi, les textes du livre liturgie utilisé, appelé l’Octoèque, proposent des prières pour le repos de ceux qui ont quitté ce monde. C’est plus qu’une simple demande de repos, ou un souvenir qui ne concernerait que nos proches. Mais l’Église prie chaque samedi pour tous les défunts qui reposent dans l’attente de la Résurrection.
Message à l’occasion de la fête de la Sainte Rencontre (2/15 février 2021)
Message à l’occasion de la fête de la Sainte Rencontre (2/15 février 2021)
La fête de Noël a célébré la Naissance du Christ en son humanité et dans l’histoire, sans aucun changement puisque même incarné, Il ne cesse de toute éternité d’être Dieu avec le Père et l’Esprit. Âgé humainement de huit jours, le Sauveur a accepté la circoncision, moment où selon la tradition juive Il a reçu son Nom de Jésus, mot qui signifie Sauveur. Puis au 40e jour, comme tous les enfants le Christ est amené au Temple de Jérusalem pour être présenté à la communauté : c’est l’événement célébré en ce jour. On voit que le Christ Se soumet volontairement à la Loi juive en ses détails, mais en même temps Il l’accomplit et lui confère un sens nouveau. L’événement célébré aujourd’hui est raconté dans l’Évangile de S. Luc (lectures à la Divine Liturgie : 2,22-40, et comme Épître : Hb 7,7-14, sur le sacerdoce du Christ, unique et situé en dehors de la tribu de Lévi).
Note de Père André sur la Théophanie
Note sur la Théophanie
En ce 6 janvier, beaucoup de chrétiens, y compris orthodoxes, célèbrent la Théophanie de notre Seigneur Jésus-Christ. Comme cette grande fête n’est pas marquée dans notre Paroisse par une célébration, voici une courte notice sur le sens très riche de cette solennité. Les récits évangéliques du jour décrivent la descente du Christ Sauveur dans le fleuve Jourdain pour y être baptisé par Jean le Précurseur (v. p. ex. Mc 1,9-11). Parmi d’autres enseignements, l’une des caractéristiques de l’événement est qu’il s’agit de la première manifestation de la Sainte Trinité. Comme le souligne le tropaire du jour, plusieurs fois répété lors des célébrations, et reprenant les éléments des récits évangéliques, on entend la voix de Dieu le Père et on voit l’Esprit Saint, manifesté ici sous l’apparence d’une colombe. Le Christ n’agit pas seul pour sauver l’être humain, mais Il est toujours accompagné des deux autres Personnes de la Trinité. De toute éternité le Fils de Dieu est en communion parfaite avec Dieu le Père, et avec l’Esprit. L’événement de sa descente au Jourdain ne change rien pour le Christ, mais ainsi se manifeste quelque chose des relations qui existent, de toute éternité, entre les trois Personnes divines.
