Mercredi 25 mars – Fête de l’Annonciation

Mercredi 25 mars 2020.

Fête de l’Annonciation selon le nouveau calendrier.

 

Synaxaire de ce dimanche

Ce jour nous célébrons la grande fête de l’Annonciation.

« La plus grande des fêtes qui se rencontre en cette période de l’année est assurément la fête de l’Annonciation de la maternité divine faite par l’ange Gabriel à la Théotokos, la très sainte Vierge Marie. Une phrase des chants des matines résume toute la signification de cette fête : « Le mystère éternel est révélé aujourd’hui ; le Fils de Dieu devient Fils de l’homme…». L’épître aux Hébreux, lue à la liturgie (2:11-2:18), insiste sur ce que, du fait de l’Incarnation, « le sanctificateur et les sanctifiés ont tous même origine. C’est pourquoi il ne rougit pas de les nommer frères ». L’Évangile relate la révélation que Gabriel, à Nazareth, fit à Marie. La réaction de Marie : « comment cela se fera-t-il ? », n’est pas l’expression d’un doute, et en cela elle diffère de la réaction de Zacharie, lorsque la naissance de Jean lui fut prédite. Marie pose simplement une question respectueuse ; et, quand l’ange explique que le Saint-Esprit descendra sur elle et la couvrira de son ombre, Marie répond, avec l’humilité et l’obéissance qui caractérisent toute sa personne : « Je suis la servante du Seigneur, qu’il me soit fait selon ta parole ».

La fête de l’Annonciation a en quelque sorte deux faces. L’une d’elles est tournée vers la Très Sainte Mère de Dieu. Elle concerne sa gloire et notre piété envers Marie. La déclaration de cette gloire et l’expression de cette piété trouvent leur forme parfaite dans la première phrase du message de l’ange : « Réjouis-Toi, comblée de grâce, le Seigneur est avec Toi ». Nous ne pouvons mieux nous adresser à la Sainte Vierge qu’en répétant cette phrase avec vénération et tendresse.

L’autre face du mystère de l’Annonciation est tournée vers les hommes. Dans la vie de tout chrétien, il doit y avoir des annonciations divines à des moments où Dieu nous fait connaître sa volonté et son dessein à notre égard. Mais toutes ces annonciations doivent s’unir et se fondre dans une Annonciation essentielle : l’annonce que Jésus peut naître en nous, peut naître de nous – non point dans le sens où il fut conçu et mis au monde par la Vierge Marie, car il s’agit là d’un miracle unique et inégalable, mais dans le sens d’une prise de possession toute spirituelle et en même temps très réelle de notre personne par le Sauveur. Et puis rappelons-nous que toute annonciation authentique est aussitôt suivie d’une visitation : la faveur divine étendue sur nous doit immédiatement provoquer de notre part une démarche, une parole ou un acte de charité envers nos frères. Voilà pourquoi l’évangile des matines de l’Annonciation est le récit de la visite faite par Marie à Élisabeth. La Mère de Dieu, aussitôt après son entretien avec Gabriel, va porter la grâce à sa cousine et faire rayonner cette grâce sur Élisabeth et Jean. »

– Lev Gillet, L’An de grâce du Seigneur.

Tropaire de l’Annonciation, ton 4

Aujourd’hui, c’est l’aurore de notre salut, / où se manifeste le mystère éternel: / le Fils de Dieu devient fils de la Vierge / et Gabriel annonce cette grâce. / Avec l’Ange disons donc à la Mère de Dieu: / Réjouis-toi, Pleine de grâce, le Seigneur est avec toi.

Kondakion de l’Annonciation, ton 8

Que retentissent nos accents de victoire en ton honneur, invincible Reine, / toi qui nous sauves des périls du combat, Mère de Dieu, Vierge souveraine! / Vers toi montent nos louanges, nos chants d’action de grâce. / De ton bras puissant dresse autour de nous le plus solide des remparts, / sauve-nous de tout danger, hâte-toi de secourir / les fidèles qui te chantent: / Réjouis-toi, Épouse inépousée.

Péricopes de ce dimanche

Lecture de l’épître du saint apôtre Paul aux Hébreux (de l’Annonciation, Hébreux 2, 11-18)

Frères, Celui qui sanctifie, et ceux qui sont sanctifiés, doivent tous avoir même origine ; pour cette raison, Jésus n’a pas honte de les appeler ses frères, quand il dit : Je proclamerai ton nom devant mes frères, je te chanterai en pleine assemblée, et encore : Moi, je mettrai ma confiance en lui, et encore : Me voici, moi et les enfants que Dieu m’a donnés. Puisque les enfants des hommes ont en commun le sang et la chair, Jésus a partagé, lui aussi, pareille condition : ainsi, par sa mort, il a pu réduire à l’impuissance celui qui possédait le pouvoir de la mort, c’est-à-dire le diable, et il a rendu libres tous ceux qui, par crainte de la mort, passaient toute leur vie dans une situation d’esclaves. Car ceux qu’il prend en charge, ce ne sont pas les anges, c’est la descendance d’Abraham. Il lui fallait donc se rendre en tout semblable à ses frères, pour devenir un grand prêtre miséricordieux et digne de foi pour les relations avec Dieu, afin d’enlever les péchés du peuple. Et parce qu’il a souffert jusqu’au bout l’épreuve de sa Passion, il est capable de porter secours à ceux qui subissent une épreuve.

Ибо и освящающий и освящаемые, все – от Единого; поэтому Он не стыдится называть их братиями, говоря: возвещу имя Твое братиям Моим, посреди церкви воспою Тебя. И еще: Я буду уповать на Него. И еще: вот Я и дети, которых дал Мне Бог. А как дети причастны плоти и крови, то и Он также воспринял оные, дабы смертью лишить силы имеющего державу смерти, то есть диавола, и избавить тех, которые от страха смерти через всю жизнь были подвержены рабству. Ибо не Ангелов восприемлет Он, но восприемлет семя Авраамово. Посему Он должен был во всем уподобиться братиям, чтобы быть милостивым и верным первосвященником пред Богом, для умилостивления за грехи народа. Ибо, как Сам Он претерпел, быв искушен, то может и искушаемым помочь.

Lecture de l’Évangile selon Saint Luc (de l’Annonciation, Luc 1, 24-38)

En ce temps-là, Élisabeth, la femme de Zacharie, devint enceinte. Elle se cacha pendant cinq mois, disant : C’est la grâce que le Seigneur m’a faite, quand il a jeté les yeux sur moi pour ôter mon opprobre parmi les hommes. Au sixième mois, l’ange Gabriel fut envoyé par Dieu dans une ville de Galilée, appelée Nazareth, auprès d’une vierge fiancée à un homme de la maison de David, nommé Joseph. Le nom de la vierge était Marie. L’ange entra chez elle, et dit : Je te salue, toi à qui une grâce a été faite ; le Seigneur est avec toi. Troublée par cette parole, Marie se demandait ce que pouvait signifier une telle salutation. L’ange lui dit : Ne crains point, Marie ; car tu as trouvé grâce devant Dieu. Et voici, tu deviendras enceinte, et tu enfanteras un fils, et tu lui donneras le nom de Jésus. Il sera grand et sera appelé Fils du Très Haut, et le Seigneur Dieu lui donnera le trône de David, son père. Il règnera sur la maison de Jacob éternellement, et son règne n’aura point de fin. Marie dit à l’ange : Comment cela se fera-t-il, puisque je ne connais point d’homme ? L’ange lui répondit : Le Saint Esprit viendra sur toi, et la puissance du Très Haut te couvrira de son ombre. C’est pourquoi le saint enfant qui naîtra de toi sera appelé Fils de Dieu. Voici, Élisabeth, ta parente, a conçu, elle aussi, un fils en sa vieillesse, et celle qui était appelée stérile est dans son sixième mois. Car rien n’est impossible à Dieu. Marie dit : Je suis la servante du Seigneur ; qu’il me soit fait selon ta parole ! Et l’ange la quitta.

После сих дней зачала Елисавета, жена его, и таилась пять месяцев и говорила: 25так сотворил мне Господь во дни сии, в которые призрел на меня, чтобы снять с меня поношение между людьми. В шестой же месяц послан был Ангел Гавриил от Бога в город Галилейский, называемый Назарет, к Деве, обрученной мужу, именем Иосифу, из дома Давидова; имя же Деве: Мария. Ангел, войдя к Ней, сказал: радуйся, Благодатная! Господь с Тобою; благословенна Ты между женами. Она же, увидев его, смутилась от слов его и размышляла, что́ бы это было за приветствие. И сказал Ей Ангел: не бойся, Мария, ибо Ты обрела благодать у Бога; и вот, зачнешь во чреве, и родишь Сына, и наречешь Ему имя: Иисус. Он будет велик и наречется Сыном Всевышнего, и даст Ему Господь Бог престол Давида, отца Его; и будет царствовать над домом Иакова во веки, и Царству Его не будет конца. Мария же сказала Ангелу: ка́к будет это, когда Я мужа не знаю? Ангел сказал Ей в ответ: Дух Святый найдет на Тебя, и сила Всевышнего осенит Тебя; посему и рождаемое Святое наречется Сыном Божиим. Вот и Елисавета, родственница Твоя, называемая неплодною, и она зачала сына в старости своей, и ей уже шестой месяц, 37ибо у Бога не останется бессильным никакое слово. Тогда Мария сказала: се, Раба Господня; да будет Мне по слову твоему. И отошел от Нее Ангел.

Paroles des Pères

Selon la tradition, la Sainte Vierge fut consacrée au Dieu d’Israël à un très jeune âge. Alors qu’elle était rattachée au Sanctuaire du Temple, elle se donnait à la prière, et fut enseignée dans la Loi de Moïse et les Prophètes par les prêtres. Quand, par la providence de Dieu, elle lut le passage d’Isaïe qui dit : « Voici, une jeune fille concevra et enfantera un fils, et elle lui donnera le nom d’Emmanuel » (Is 7, 14), son cœur s’enflamma d’un unique désir, et tout son être devint une unique prière : « Ô Seigneur, Dieu de mes Pères, rends-moi digne de devenir la servante de la femme qui mettra au monde l’Emmanuel ». Et dans la ferveur de cette humble prière, qui accomplissait prophétiquement la future loi de son Fils, selon laquelle « quiconque s’abaissera sera élevé » (Mt 23, 12), l’Archange lui apparut et lui dit : « Je te salue, comblée de grâces, le Seigneur est avec toi : tu es bénie entre toutes les femmes » (Lc 1, 28), en d’autres termes, c’est comme s’il lui disait : « Non la servante, mais la Mère même de l’Emmanuel » – et il y a là une logique à cela. La Vierge était un trésor de pureté, et « la fille du Roi est toute gloire au-dedans » dit le Psalmiste (Ps 44, 14). La gloire intérieure et la beauté de la Mère de Dieu, pour lesquelles Dieu l’a glorifiée, étaient dans sa profonde humilité, comme elle l’exclame elle-même et confesse : « car Il a regardé l’humilité de Sa servante » (Lc 1, 48). Pourquoi l’humilité attire une telle grâce ? Car, selon l’enseignement de saint Silouane, l’humilité donne à l’amour tout l’espace, et Dieu est amour.

– Archimandrite Zacharias, L’élargissement du Cœur.

Saints célébrés selon le nouveau calendrier

Grand Carême, dispense de poisson. Annonciation à la Très Sainte Mère de Dieu et Toujours Vierge Marie. Saint Tykhon, patriarche de Moscou (1925) ; Saint Justin de Tchélié (1979).

Extrait du Synaxaire du hiéromoine Macaire

En ce jour, selon le nouveau calendrier, nous célébrons l’Annonciation à la Très-Sainte Mère de Dieu. En ce jour qui suit de peu l’équinoxe de printemps, alors que l’obscurité de la nuit, ayant atteint le terme de son extension, commence à céder la place à la lumière, l’Église célèbre la conception de notre Seigneur Jésus-Christ et la descente, en ce monde obscurci par les ténèbres, du Soleil de Justice, qui a retourné le mouvement du temps et de l’histoire et, d’une descente vers la mort, en a fait une remontée vers le printemps définitif de l’éternité.

Racine et principe de toutes les autres fêtes du Seigneur, par lesquelles nous commémorons chaque année notre Rédemption, cette fête de l’Annonciation doit toujours être célébrée à la même date, car, selon une ancienne tradition, c’est au mois de mars que le monde fut créé par Dieu et c’est le 25 mars précisément qu’Adam, trompé par la promesse du serpent et voulant se faire dieu, transgressa le commandement divin et fut exilé du Paradis . Il convenait donc que la guérison de notre nature s’accomplisse, telle une seconde création, par les mêmes moyens et en ces mêmes jours qui ont été ceux de notre chute. Et, de même que le genre humain avait été assujetti à la mort par la désobéissance d’Ève, au printemps du monde, il convenait qu’il en fût délivré au mois de mars par l’obéissance de la Vierge. Développant magnifiquement cette doctrine des correspondances dans l’Économie de la Rédemption, saint Irénée de Lyon écrit à ce propos :

« De même que celle-là (Ève) avait été séduite par le discours d’un ange, de manière à se soustraire à Dieu en transgressant sa parole, de même celle-ci (Marie) fut instruite de la Bonne Nouvelle par le discours d’un ange, de manière à porter Dieu en obéissant à sa parole. Et, de même que celle-là avait été séduite de manière à désobéir à Dieu, de même celle-ci se laissa persuader d’obéir à Dieu, afin que de la vierge Ève la Vierge Marie devienne l’avocate. De même que le genre humain avait été assujetti à la mort par une vierge, il en fut libéré par une vierge, la désobéissance d’une vierge ayant été contrebalancée par l’obéissance d’une vierge».

Après notre chute, Dieu, prenant patience dans sa miséricorde infinie, avait peu à peu préparé l’humanité, de génération en génération, par des événements heureux et malheureux, à la réalisation du Grand Mystère qu’Il tenait caché avant tous les siècles dans son Conseil trinitaire : l’Incarnation du Verbe. Alors qu’Il savait, bien à l’avance, qu’elle allait être la faute de l’homme et ses tragiques conséquences, c’est en ayant en vue le terme de ce mystère qu’Il avait pourtant créé la nature humaine, afin de s’y préparer une Mère  qui, par la beauté de son âme immaculée, relevée de l’ornement de toutes les vertus, attira sur elle les regards du Tout-Puissant et devint la chambre nuptiale du Verbe, le réceptacle de Celui qui contient tout, le Palais du Roi du Ciel et le terme du dessein divin.

Six mois après la conception miraculeuse de celui qui devait être en toutes choses le Précurseur du Sauveur (Lc 1, 17), Gabriel, l’Ange de la miséricorde [8 nov.], fut envoyé par le Seigneur à Nazareth en Galilée, auprès de la Vierge Marie qui, au sortir du Temple, avait été fiancée au juste et chaste Joseph, pour qu’il fût le gardien de sa virginité . Surgissant soudain dans la maison sous une apparence humaine, un bâton à la main, l’Ange salua celle qui devait devenir la consolation des larmes d’Ève , en disant : « Réjouis-toi, pleine de grâce, le Seigneur est avec toi ! » (Lc 1, 28). Devant cette étrange apparition, la Vierge laissa tomber son fuseau  et, toute troublée par ces paroles de l’incorporel, elle se demandait si cette annonce de joie n’était pas, comme pour Ève, une nouvelle tromperie de celui qui sait se transformer en ange de lumière (2 Cor 11, 14). Mais l’Ange la rassura et lui dit : « Sois sans crainte, Marie, car tu as trouvé grâce auprès de Dieu, ne t’étonne pas de mon étrange aspect et de ces paroles de joie, alors que, trompée jadis par le serpent, ta nature a été condamnée à la douleur et aux gémissements, car moi, c’est la vraie joie que je suis venu t’annoncer et la délivrance de la malédiction de la première mère (cf. Gn 3, 16). Voici que tu concevras et enfanteras un fils, en accomplissement de la prédiction du prophète Isaïe qui disait : Voici que la vierge concevra et enfantera un fils (Is 7, 14) ! Et tu l’appelleras du nom de Jésus, — ce qui signifie Sauveur — Il sera grand, et sera appelé Fils du Très-Haut (Lc 1, 30). » À ces paroles inouïes, la Vierge s’exclama : « Comment cela serait-il possible, puisque je ne connais point d’homme ? » Elle ne mettait pas là en doute la parole divine par manque de foi, comme Zacharie qui avait été pour cela puni de mutisme (Lc 1, 20), mais elle se demandait comment ce mystère pourrait bien se réaliser en elle, sans l’union nuptiale, devenue la loi de la reproduction du genre humain soumis à la corruption. Comprenant ses doutes, l’Ange ne la blâma pas, mais il lui expliqua le mode nouveau de cette naissance : « L’Esprit Saint viendra sur toi, qui a été comblée de grâce en préparation de sa venue, et la puissance du Très-Haut te couvrira de son ombre. » Puis, rappelant qu’Élisabeth, celle qu’on appelait « la stérile », venait de concevoir un fils dans sa vieillesse, il lui montra ainsi que là où Dieu le veut l’ordre de la nature est vaincu , et il lui confirma que par sa venue en elle le Saint-Esprit allait accomplir un miracle plus grand encore que la création du monde. Abaissant les cieux, le Roi de l’univers, Celui qui contient tout, allait s’anéantir lui-même (Phil 2, 7) par une ineffable condescendance, afin de demeurer en son sein, de s’y mêler en une union sans confusion à la nature humaine, et de se revêtir de sa chair, teinte en son sang virginal, comme une pourpre royale. Inclinant alors humblement son regard à terre et adhérant de toute sa volonté au dessein divin, la Vierge répondit : Je suis la servante du Seigneur, qu’il m’advienne selon ta parole !

Par ces paroles, elle acceptait — et avec elle la nature humaine tout entière — la venue en elle de la puissance divine transmise par les paroles de l’Ange . C’est à cet instant même que s’accomplit la conception du Sauveur. Le Fils de Dieu devient Fils de l’Homme : une seule Personne en deux natures. Dieu se revêt de l’humanité et la Vierge devient en toute vérité Mère de Dieu (Théotokos), afin que, grâce à cet échange des propriétés naturelles, les hommes, délivrés de la corruption, puissent devenir fils de Dieu par la grâce.

L’accomplissement de ce mystère de l’Incarnation, caché même à la connaissance des anges, ne fut donc pas seulement l’œuvre du Père, dans sa complaisance, du Fils qui descendit des cieux, et de l’Esprit qui recouvrit la Vierge de son ombre ; mais le Seigneur attendait que celle qu’il avait choisie entre toutes les femmes y prenne aussi une part active par son acquiescement libre et volontaire, de sorte que la Rédemption du genre humain fût l’œuvre commune de la volonté de Dieu et de la foi de l’homme. Ce fut donc par une libre coopération (synergie) de l’humanité au dessein divin que s’est accompli ce Grand Mystère préparé depuis l’origine du monde, que « Dieu devient homme pour que l’homme soit déifié en Lui » , et que la Vierge, Épouse inépousée, est devenue pour notre nature renouvelée la source et la cause de tous les biens.

Autrefois entrevue en figures par les prophètes comme le Buisson non-consumé (Ex 3, 14), comme la Montagne non-entaillée (Dn 2), comme la Porte scellée par laquelle Dieu seul devait passer (Ez 44, 2), la Mère de Dieu est l’Échelle vivante (Gn 28, 10-17) par laquelle Dieu est descendu et qui permet aux hommes de monter au Ciel. Elle a ouvert au genre humain un nouveau mode d’existence : la virginité, grâce à laquelle le corps de tout homme, à sa suite, est appelé à devenir temple de Dieu (1 Cor 3, 16 ; 6, 19).

La création entière, soumise jadis à la corruption par la faute de l’homme, était elle aussi dans l’attente de ce « Oui ! » de la Vierge, qui annonçait le début de sa délivrance. C’est pourquoi le ciel et la terre réunis, forment aujourd’hui un chœur de fête avec les fils d’Adam, pour rendre gloire à Dieu en honorant la conception de sa Mère inépousée.